lundi 19 septembre 2016

Une nouvelle journée... Construction de la date

J'ai déjà expliqué comment chaque enfant est accueilli en classe. Ici.
Le responsable d'accueil est un élève. Dans ma classe, c'est celui qui apporte le jus de fruit pour ce jour là.

C'est donc à tour de rôle que chaque enfant travaille en particulier avec moi. C'est le métier d'une journée... Il est chargé de rappeler les 3 règles de classe, quand c'est utile et peut aider à la remise en ordre des jeux dans chaque environnement. Il aide à tenir les portes et à transporter des messages dans l'école... Il m'est arrivé de parler du "Shérif" car c'est une façon comme une autre de mettre à l'honneur cet enfant dans le groupe et d'avoir la joie de porter l'étoile pour cette journée, un petit signe distinctif... Je n'ai jamais croisé un enfant qui refuse cette responsabilité ou le travail que cela implique en tête à tête avec l'enseignant. Même les plus forts en jeux d'oppositions, les messieurs-mesdames "NON !" comptent les jours pour savoir quand viendra leur tour !
Bien entendu, pour ce travail en tête à tête je me positionne dans l'accompagnement bienveillant, je n’émets aucun jugement quand l'enfant a des difficultés, je soutiens un peu plus, c'est tout
Idée : Recyclage d'un badge de colloque avec une belle étoile plastifiée et collée par dessus ;-) La grande classe pour signifier qu'on est l'enfant du jour !

Les grandes tâches de cet élève durant environ 15 minutes sont donc de :
- Mettre à jour le cahier d'appels (comptabiliser les absents et les présents / mémoriser les enfants du groupe classe, s'intégrer au groupe / reconnaitre les prénoms ... )
- Chanter ou dire une comptine (comptine à compter / comptine des jours de la semaine / comptine plaisir .... )
- Construire la date et l'inscrire au tableau de classe
- Aider à organiser/présenter quelques ateliers pour cette mâtiné

Vous remarquerez que cela me permet d'allier plusieurs demandes institutionnelles (Le cahier d'appels et les évaluations individuelles...) avec le plaisir de passer un véritable temps unique auprès d'un seul élève (Un vrai luxe avec les effectifs des classes ) !

Quelques commentaires plein de doutes concernant ce temps en tête à tête avec un seul... ?
Croyez le, étant donné qu'il s'agit d'un temps qui se reproduit chaque matin avec chaque élève, chacun leur tour, c'est un temps très respecté où le reste de la classe bourdonne dans le calme, attentif au travail qui se réalise ou passionné par leur propre choix de jeu. Bien entendu un petit groupe se forme autour de nous (Ceux pour qui le choix en autonomie complète est encore difficile ou ceux qui adorent ce temps !) mais ils restent observateurs, soutenant si je leur demande. Bref, un temps génial !

Alors, comment construire cette date ?

D'abord j'ai fabriqué le livre des 7 jours de la semaine, le livret des nombres (pour les numéros de chaque jour du mois) jusqu'à 31 et le livre des 12 mois de l'année.
Voici l'exemple avec le livre de la semaine :

En chantant la comptine, l'enfant va jusqu'à la page suivante pour retrouver le bon jour... Ou s'aide avec la poutre du temps placée à côté.
Ensuite, idem avec le livret des nombres, on tourne la page pour lire le suivant...
Idem pour les mois... (J'utilise le livre des 12 mois de l'année, comme le livre ci dessus)

REMARQUE : Quand on arrive au bout du livret qui va jusqu'à 30 ou 31 (parfois 28 ou 29 en février ;-))... A ce moment précis, j'avoue qu'avec les PS et MS c'est moi qui ajoute ou retire les pages-nombres au fil des mois...
Pour les plus curieux en soif de tout comprendre, j'ai un grand calendrier en carton (votre banquier vous l'offrira) et je montre que le nombre des jours varie selon le mois, c'est écrit à cet endroit là...



Construire en double des livrets jours-nombres-mois, avec des anneaux (pour éviter que les pages s'éparpillent) est très intéressant. Cela permet aux enfants de construire et reconstruire et rereconstruire la date au long de la journée... Franc succès !

Sur la photo ci-dessus vous remarquez un outil mémo-technique pour se souvenir de la suite des jours de la semaine et si c'est une journée d'école ou pas...

Voici ce que cela peut rendre avec l'entrainement de l'écriture du nombre du jour au tableau en bonus !

Et pour continuer sur la construction du concept du temps  :
Construire un modèle d'horloge à côté de l'horloge réelle (celle qui indique le temps qui passe) est très sécurisant ! Par exemple, il peut être indiqué l'heure d'ouverture des portes d'école pour le retour des parents... J'ai vu des petits (2ans1/2) avec de lourds chagrins de séparation de début d'année ET pourtant très calmes dés que j'avais bien indiqué l'heure de retour de papa-maman-nounou sur l'horloge modèle. C'est une aide précieuse ! J'ai aussi observé la patience et la concentration de ces petits face à cette horloge qui avance seconde après seconde... (Il faut bien vérifier que cette maîtresse est digne de confiance ;-) )...
Patience et concentration voilà déjà deux atouts extraordinaires pour les futurs apprentissages scolaires !

dimanche 18 septembre 2016

Une nouvelle année... Travail sur les émotions !

Presque 20ans comme enseignante et plus de 20 années passées auprès des jeunes enfants me ramène toujours à ce point de départ INDISPENSABLE.
Savoir reconnaitre ce qui se passe en soi et le nommer c'est gagner en sécurité, en confiance et en capacité d'apprendre... Amorcer ce travail de vocabulaire pour se dire, nommer les émotions dés septembre est vraiment une bonne base de cohésion pour permettre aux individus du groupe classe de partager, se comprendre, et coopérer. 

Ainsi j'ai vu des petites sections (à peine 3ans) venir prendre la main de plus âgés avec un coup de blues pour quitter son parent. Le plus petit accompagnant le plus grand vers la boite de mouchoirs : "Mouche toi et viens jouer, tout le monde est triste le matin de quitter sa maman (Boule dans la gorge du plus jeune en train de parler) mais pleurer toujours c'est encore plus triste ! Et ça peut mettre les copains en colère et voilà c'est tout le monde qui pleure..."

En tant qu'enseignant, ne pas hésiter à créer des cartes à manipuler, rechercher à deux, à jouer théâtralement en petits groupes... Ces cartes sont des références en vocabulaire, un repère pour toute l'année à passer ensemble. Elles peuvent être tout de suite repointées lorsque l'on recroise une des émotions dans une situation de vie, dans une histoire lue...

Voici des documents faits maison qui accompagnent mes classes :
Dire "Je" :
Voici des idées piquées ailleurs :



NB : Vous remarquez des photos tirées des éditions récentes dans la vidéo. En tapant chaque émotion dans un moteur de recherche sur le web, c'est une mine d'or pour confectionner ses propres cartes plastifiées. Exemple à taper pour rechercher : "Les émotions la joie photo".
Ces photos avaient été transmises via facebook des éditions Les arènes. Télécharger ici.

NB2 : Des têtes sans visage sur papier blanc pour que l'enfant dessine son émotion en arrivant le matin à l'école... Après un spectacle, une rencontre, après l'exercice d'entrainement aux alarmes, après une journée agitée...

samedi 17 septembre 2016

Une nouvelle journée... Accueil et appel des élèves.

Les petits trucs testés et approuvés sur ces dernières années...

D'abord, dés le début d'année scolaire, apprendre à reconnaitre, nommer et "manipuler" ses émotions. Je consacrerai un article juste pour ce sujet avec plein de choses faites maison à télécharger !
C'est super important pour que l'enfant reconnaisse ce qui se passe en lui dés son arrivée en classe. Se séparer, se bousculer c'est plus ou moins facile selon le démarrage du matin. En parler, en rire, en jouer, ça fait du bien ! ET... permet d'avoir une classe calme en une semaine top chrono !




Ensuite, bien entendu, chaque matin, il y a l'accueil de chaque enfant.
Avec un responsable du jour qui entoure chaque arrivée sur le trombinoscope en disant "bonjour !" (Et cela dés le 3° jour de classe) :
Cet enfant responsable de l'accueil c'est aussi celui qui va travailler en particulier avec l'enseignant pour compter les présents / absents, mettre à jour le journal d'appels de la classe et construire la date... Dés la petite section !
La chaise de PasSage sert aussi pour ce moment car être responsable d'accueil est une tâche de passage... Chaque jour c'est le rôle d'un nouvel enfant (Je suivais l'ordre du trombinoscope), " A chacun son tour" !

Bref... Si je suis élève que fais-je en arrivant dans cette classe ?
1/ J'arrive en classe et j'accroche mon étiquette de présence dans la colonne qui me défini pour aujourd'hui... Je mange à l’extérieur / à la cantine - Je suis une fille /un garçon - Je suis en PS / en MS - J'ai 3ans / 4ans - J'ai un pantalon / un short/ une jupe / une robe... - J'ai du rouge / ...
2/ Puis je dis bonjour au responsable d'accueil qui entoure ma photo sur le trombinoscope (1°photo).
3/ ... Et je vais choisir mon activité ou je termine celle commencée la veille...

Quand tout le monde est arrivé en classe, le responsable d'accueil rejoint l'enseignant pour compter les présents / absents. Il est possible de poser un jeton sur chaque photo d'enfant absent... En comptant ces jetons (correspondance terme à terme) cela correspond au nombre d'absents du jour. Enfin, il reste à retirer le nombre d'absents du nombre d'enfants dans le groupe classe (voir photo ci dessous).
Ce petit compteur d'absents et de présents a été fabriqué avec un support de papier sopalin et des ronds de rideau sur lesquels il est inscrit chaque nombre de 1 à 23 (pour cette année là, c'était une grande chance un tel effectif !)

Ainsi, il est possible de compter, recompter, rerecompter dans la journée le nombre d'absents (à droite sur la photo) et le nombre de présents (à gauche sur la photo)... Il s'agit là d'un jeu de manipulation dans l'environnement Maths. 

Aux côtés de l'enseignant, pour terminer ce comptage, il reste à retrouver le bon chiffre qui correspond au nombre des absents et hop ! ... suivre le petit chemin de ce chiffre avec son doigt et pourquoi pas tenter de l'écrire à la craie sur le tableau à côté... Cela donne envie aux copains qui regardent ? Et bien chacun essaye à son tour ;-)

Pour garder la mémoire de chaque jour qui passe, j'avais un classeur dans lequel s'ajoutait jour après jour les pages d'appels... Ce temps me permettait d'observer les progrès de chaque enfant durant l'année... (comptage, reconnaissance des chiffres et construction des nombres, date, mémoire de comptines... )

Les règles de classe

Changer de fonctionnement et laisser plus d'autonomie aux élèves, c'est s’intéresser aux règles... 

J'ai souhaité qu'elles soient au nombre de 3 et seulement 3 (et c'est déjà énorme !).
Quand l'une n'est pas respectée, elle est rappelée...
Les règles de classe à télécharger ici.
 Pour les enfants qui ont plus besoin d'aide il peut être utilisé une pile de la patience de la maîtresse (par exemple). Cette pile indique l'énergie disponible de l'adulte pour l'enfant qui est très énergivore (oui, il y en a et ils le reconnaissent avec complaisance...)
La pile entièrement verte se décharge jusqu'à devenir rouge au fil des non-respects des 3 règles...

Quand la patience est épuisée, l'enfant connait la règle ("je ne suis pas le seul dans la classe à avoir besoin d'aide et d'attention") : il rejoint le temps d'apprentissage où se trouve l'enseignant ou va s'installer sur la chaise de "passage" et choisi une des activités qui y est proposée (mordre dans une mousse, cogner un coussin, y dormir, s'y câliner avec le petit bonhomme masse-tout, s'occuper de Pestouille (la marotte de la colère), regarder les bulles tomber doucement avec les bulliers de couleurs, écouter l'arbre de pluie... Réaliser un assemblage de cubes en mousse selon un modèle choisi... Ne rien faire et observer la classe... ).
Ma chaise de PasSage pour les tempêtes émotionnelles, coups de blues et besoins de s'isoler... C'est de passage, c'est un passage ! Cette chaise est à l'entrée de classe.

En cas de grosse colère ou de refus de coopération complet... Si et seulement si la limite de mise en danger de soi ou d'autrui est franchie.... (Taper sur un autre, se faire mal à soi-même par colère) L'enfant part avec l'ATSEM pour se calmer en retrait du groupe classe. (Cela n'a que très peu duré et pour certains enfants seulement car le travail en autonomie est très motivant pour eux... J'ai eu un seul cas extrêmement difficile... Mais c'est le cas où une Assistante de Vie Scolaire est nécessaire...)

NB : Il est a noter que je préférerais fonctionner sans chaise de PasSage... mes tentatives n'ont pas encore été concluantes...

Transformer les limites en règles, c'est essentiel !
« tu ne peux pas faire ceci » , « il est interdit de faire ça », « il ne faut pas… »... Et le cerveau des enfants se construit par restrictions et limites... jusqu’à l’âge adulte ! Bien souvent, cela consolide aussi un sentiment d’impuissance (au lieu de puissance) et de soumission : "C'est impossible pour moi car il ne faut pas..."
Au contraire, en nommant une règle (plutôt qu'un interdit), les opportunités apparaissent ! "Chouette il me reste la liberté de... !"

Et puis une règle, c'est modifiable !!!
... Quand elle ne convient pas il est toujours possible de la discuter et, pourquoi pas, en adopter une nouvelle !

Emploi du temps - Transition entre hier et aujourd'hui

Comment construire un emploi du temps qui permette à la classe de rester aérée avec un effectif de 30 enfants et parfois plus ?
J'ai beaucoup brassé les plages d'apprentissages dans tous les sens... Et n'ai trouvé qu'un bon fonctionnement possible : Avec toute la présence et l'énergie bienveillante des temps d'ATSEM accordés pour la classe !

Voici ce que je souhaitais pour la classe :

Et voilà à quoi ressemblait vraiment l'emploi du temps du super ATSEM testé dés le second semestre 2013-2014. Il fonctionne très bien SI cette aide précieuse qu'est un agent des écoles maternelle est persuadé de son rôle à jouer. C'est à dire, sa capacité d'action(s) pour servir l'accompagnement des apprentissages et des savoirs vivre des enfants...
Oui, l'année 2015-2016 a bien prouvé que sa motivation pour créer son travail avec du sens au service des enfants est primordiale ! (Si c'est plus intéressant c'est AUSSI plus énergivore que de fonctionner comme dame-pipi-habillage-collage-des-cahiers... Je suis d'accord...)

NB : Il est a noté que je n'ai pas eu le droit de laisser les enfants par petits groupes en extérieur sous la surveillance de l'ATSEM.

Malheureusement, l'emploi du temps de l'enseignant est à retaper entièrement... Je l'ai perdu lorsque mon ordinateur m'a été volé... Et je n'avais pas son double sur ma clé USB. S'il y a des demandes dans ce sens, je retaperai un document numérique.

Avec ce premier emploi du temps d'ATSEM conçu en 2013-2014, vous remarquez que mon objectif était celui là : Permettre à la classe d'être déchargée d'un tiers de son effectif durant le temps d'apprentissage en autonomie (ainsi durant 45 minutes environ tous les matins il y avait 20 enfants dans la classe au lieu de 30...).
Vous remarquerez aussi que j'ai très vite conservé le temps de motricité du matin pour ces 3 raisons  : - Cela permettait de maintenir un lien de fonctionnement important avec le reste de l'équipe pédagogique (Et cette communication est très importante dans un gros groupe scolaire, la salle de motricité est un lieu de partage d'organisations et de planifications riches dans de nombreuses écoles... )
- Je ne parvenais pas à fonctionner sereinement en autonomie avec 30 enfants et + du même âge dans la classe (Il suffisait d'un enseignant absent et 8 enfants supplémentaires arrivaient... C'était fréquent dans les mois à gros virus !)
- ET, les enfants qui avaient des frères ou sœurs dans les autres classes ne se sentaient pas lésés de ne pas fréquenter régulièrement cet espace de rêves moteurs...

En 2014-2015 (Débats sur le rythme scolaire... Donc classe du matin de 8h20 à 12h) :
- Le fonctionnement en autonomie dans la classe se réalisait de 8h20 à 10h00. Ce qui est déjà un début...De 9h15 à 10h, la classe passait par 1/3 avec l'ATSEM pour un temps d'hygiène, jus de fruit et vaisselle.
- De 10h05 à 10h30 il y avait un regroupement non obligatoire (ceux qui finissaient tranquillement leur jeu sans bruit restaient à leurs apprentissages auto-gérés tout en laissant trainer leurs oreilles vers le cercle de regroupement)...
- Ensuite, 10h30 à 11h10 était le temps moteur en salle
- 11h10 à 11h35, le temps moteur en extérieur (apprentissages sur les vélos...)
- Et venait le temps de rentrer pour un petit regroupement commun autour d'un temps chanté afin de séparer le groupe entre ceux qui partaient pour la cantine, ceux qui rentraient chez eux, ceux qui restaient en classe (APC)... Ce temps étant dans l'environnement Culture où se trouvait le cercle de regroupement, les enfants pouvaient attendre en se dirigeant silencieusement vers les jeux d'écriture, vers le coin d'écoute ou le coin bibliothèque...

mardi 13 septembre 2016

C'est reparti !

Quelques années que je ne savais quoi faire de ce blog...

Je viens d'écrire sur la page facebook "Les lois naturelles de l'enfant" Et j'ai envie de retrouver ma belle énergie ! Le monde n'est pas en noir et blanc, j'ai ma part de responsabilités ET j'ai réalisé beaucoup de travail ces dernières années alors je vais le mettre à disposition ici même !
Que l'on se motive entre enseignants convaincus qu'il faut passer à autre chose !
(Autant que j'explique tout de suite que l'orthographe n'est pas très ami avec moi... pas "naturel" du tout ! Il me demande beaucoup d'efforts et parfois ça craque entre nous. Ce n'est pas pour agresser qui que ce soit ou pour apporter une preuve supplémentaire que les enseignants sont des bons à rien... Je porte cette responsabilité entièrement. Et n'y peux pas plus que cela... Je promets d'y veiller attentivement !)

Voilà ce que j'ai écrit :
"Vous ne pouvez pas savoir comme tout ce que je lis ici me bouscule dans mes émotions et me fait le plus grand bien ! L'an passé, c'était la quatrième année où je remettais complètement en jeu les environnements de la classe, ma façon de travailler, le regard accordé aux enfants qui souhaitent observer, rester en retrait avant d'agir, le regard à ceux qui bousculent tout...
Durant les 3 premières années, mes changements ont toujours été très bien accueillis par une très grande majorité de parents et les collègues. J'étais dans une grosse école et soutenue par ma hiérarchie. J'étais forte d'une expérience sur un poste à profil innovant qui m'avait beaucoup nourri. Vers le milieu de la seconde année cela a commencé à être difficile avec quelques collègues, j'avais le sentiment de passer pour une obsédée du travail (je sortais rarement l'après midi) et j'avais ce sentiment étrange de devoir toujours tout justifier (et je pense que je ne suis pas la meilleure dans ce blabla là, je peux froisser parfois :-/)... ça jacassait beaucoup dans mon dos... Épuisant !

... Et puis grosse école veut aussi dire beaucoup de monde et de passages, beaucoup de bruits... Du coup j'ai souhaité aller dans une plus petite. Hyper motivée !!! Pourtant... c'était de nouveau la préhistoire en arrivant au milieu de tout ce vieux mobilier poussiéreux... J'ai fait du vide sachant qu'en plus un petit serait en fauteuil roulant...

La rentrée 2015 est arrivée et... J'ai vécu un petit enfer. Le groupe des ATSEMs très réfractaire aux changements et revendicatif à l'extrême a été super violent... J'étais très isolée comme petite école et effectif au top... Les 3 collègues se débattaient elle aussi avec leur propre classe...

Bref, intrusions multiples des ATSEMs dans la classe, en se racontant leurs histoires bien personnelles (de préférence au dessus des oreilles des enfants), deux d’entre elles hurlaient régulièrement et jugeaient beaucoup, parlaient des familles (de préférence au dessus des oreilles des enfants)...
L'une se plaignait de ne pas obtenir suffisamment d'empathie des enfants de 3ans...
Il y a eu des grèves, des grèves perlées (ce qui est interdit)... Elles allaient rire (je devrais écrire crier comme des furies) devant les fenêtres d'école tout en racontant des blagues salaces... Whaou !!! De l’inimaginable !!!
J'ai fait remonter... (sans respecter la voie hiérarchique). Gloups ! Mea-culpa, j'avais oublié la voix/e hiérarchique tant j'étais choquée de tout ce que je voyais et constatais comme maltraitances institutionnelles, maltraitances ordinaires... (Certains enfants servaient régulièrement de fusible... Les plus fragiles, forcement ! Et ça, ça m'est inadmissible !)

Oui, je n'avais pas respecté la voie hiérarchique. Rdv surprise de l'I.E.N qui m'a cueillie à la porte de l'école le soir même alors que je rentrais chez moi... 1h30 de morale (je ne sais comment l'appeler autrement)... bien entendu tout cela sous les yeux et proche des oreilles des ATSEMs. Elles en sont sorties pleine de pouvoir dés le lendemain. Et j'ai lutté contre ce courant comme possible... a devoir de nouveau justifier de tout face à elles cette fois ! Elles remettaient tout en cause, devant les parents, les enfants...

Est arrivé ce qui devait arriver auprès d'une famille plus fragile. Les tensions accompagnent ces comportements. Un père a explosé... sur moi, face aux enfants. Menaces verbales et oppressions physiques, menaces de mort le lendemain par la mère... Et voilà. Personne n'a rien entendu ou voulu voir... J'étais au bout de mon couloir... Burn out début décembre et dépression les mois qui ont suivi.

L'EN me propose d'aller sur le même poste aucun de mes souhaits de changement n'a pu être exaucé. Mon médecin pense que je m'y casserai encore mieux les dents après le climat décrit ci dessus...
Cerise sur le gâteau, un grand mail de culpabilisation de la part de la collègue directrice en juin dernier alors que je me préparais à reprendre à mi-temps en septembre... (Les absents ont tort) Voilà, voilà...

J'avais besoin d'écrire tout ça ici. (Désolée) Grâce à vous, lire que j'étais quand même sur la bonne voie et que toutes ces vidéos vues et revues sur le blog de Céline pour nourrir mes changements étaient... sont... et bien, ce serait à refaire, je recommencerais !
Cela métamorphose tellement le climat de classe, la communication avec les enfants, les progrès des plus fragiles, l'estime qu'on se porte à soi même !!! Ces changements ne sont pas faciles, on s'y épuise parfois mais c'est une voie extraordinairement riche et vraie ! Elle correspond à la vie réelle des enfants, leurs besoins primordiaux !
Je vais tenter de mettre tous mes documents réalisés ces dernières années en téléchargement. Vos retours critiques m’intéressent beaucoup !

Merci d'avoir lu tout ça <3"

... Je fonce télécharger du doc et mettre tout ça à disposition ! C'est partie !
Ce burn out servira à consolider mon engagement actif et mon attention envers une éducation bienveillante.

N'hésitez pas à écrire ici vos critiques qui vont me faire progresser encore !
Ouhhhh que j'aime cette petite énergie qui pétille de nouveau !

lundi 28 avril 2014

Puisqu'il faut un début...


- Est-ce en 2007, en participant à un projet innovant me demandant de chambouler tout ce que je pensais  savoir en pédagogie ? 

- Est-ce plus tôt ? Quand j'étais petite en participant à de nombreux échanges avec le soutien de l'éducation populaire et/ou religieuse ? (Bouh tabou, ça, tabou, ça le fait pas avec la laïcité... Mais pourtant j'ai côtoyé des adultes avec de jolies valeurs pendant ces temps !). Cela m'a beaucoup appris... Peut être même plus qu'avec l'école dans l’Éducation Nationale... ? (J'adore provoquer !)

- Est-ce en tant qu'animatrice avec un camp jeunesse et sport, découverte du patrimoine et vacances pour tous de 3 à 12 ans ?
Non, je ne pense pas... Cette expérience au milieu d'animateurs qui me paraissaient puérils et irresponsables m'a plutôt rapprochée de "l'entreprise familiale" de père en fils/fille : L'Éducation Nationale ! (Hihi la grande naïve qui pensait que les diplômes permettent d'être moins puérils et irresponsables... hihihi !)

- Est-ce en tant que jeune maman, informée de la réalité de la vie en école maternelle et souhaitant trouver une pédagogie plus respectueuse de la Nature de ma fille ?
Certainement que ces recherches n'ont pas été vaines malgré mon observation plus que saugrenue de l'époque... Je vous raconte ?  Allez... (J'en ai trop envie et c'est moi qui ai le clavier)

Année 2000 ! Ma fille a 2 ans et je me demande si elle sera bien accueillie en maternelle avec son sacré caractère... J'en doute ! Pas assez dans le moule de l'écoute béate avec l’œil vif et curieux.
Toujours active, dans le mouvement, capable de longues heures d'attention si cela correspond à sa lubie du moment... Sinon ? ... Sinon, elle envoie tout bouler !
Elle mange de bon cœur, dort dix heures par nuit et trois à quatre heures par sieste.
C'est une enfant vivante ! Un peu trop parfois... après une journée de travail :-)
C'est avec elle que j'ai appris à être mère. Je trouve qu'elle a fait du bon boulot ! Ce n'était pas gagné d'avance ;-)

Bon, je décide d'aller visiter une école à orientation Montessori. J'arrive le jour J à l'heure H et une maman tente en vain de faire monter dans sa voiture un petit "capricieux" assis sur le trottoir... ça m'amuse et je pousse le portail. J'entre dans un jardin sans couleur, sans saveur avec une vieille balancelle pleine d'échardes. J'entre ensuite dans un couloir jaune et rassis à l'odeur de vielles chaussettes mouillées bien infusées... Je jette un œil dans des pièces sur-encombrées et ternes. Brrr !
Enfin, quelqu'un s’intéresse à moi et m'oriente vers l'éducatrice qui me fera visiter les lieux. Enchaînements de pièces mal rangées et défraîchies... Matériel vieux comme les jeux de ma grand mère (quand elle était petite). Pas de couleur ! Une description de journée qui conviendrait au besoin de sécurité d'un autiste. Je ne pense pas que ma fille le soit, et espérais un peu plus de vie dans cet endroit...
Quand l'éducatrice me montre avec passion une vielle petite table en bois à cirer, avec chiffon de laine et cire au miel, et qu'elle m'indique que cette activité est la préférée des enfants, je demande pourquoi... Sa réponse me laisse en plein doute : "C'est parce que les enfants aiment la répétition et que ce mouvement les berce, la cire sent bon... C'est comme lorsqu'ils aident leur maman à cirer les meubles à la maison..." (Dois-je alors avouer que je n'ai aucun meuble à cirer pour les devoirs du soir ?)...
Je demande alors ce que cette activité apporte à l'enfant, m'attendant à une réponse comme le développement de l'attention, le goût du travail bien fait, le mouvement circulaire, prémisse d'un geste graphique... Rien de tout cela : "Ce mouvement les berce, la cire sent bon... C'est comme lorsqu'ils aident leur maman à cirer les meubles à la maison. Les enfants aiment imiter les adultes."

Bon, je n'étais plus très convaincue que l'on parvienne à se comprendre malgré la jolie plaquette d'informations. En ajoutant le fait qu'il n'y ai aucun dessin sur les murs sales et cloqués ("Oui, c'est normal, ce n'est pas une bonne chose de frustrer les enfants en leur demandant d'attendre pour récupérer leurs créations..."), aucune affiche, que je croise un père psy dans l'entrée m'informant de son bonheur d'avoir trouvé une école aussi respectueuse du rythme des parents (!!!) et qu'ainsi cela s'adaptait à ses heures de travail car il pouvait déposer son enfant jusqu'à neuf heures trente chaque matin... Et qu'en repartant je croisais la même maman épuisée devant le portail, face à son petit en tailleur, bras croisés, décrétant que : "non !" Il ne monterait pas dans la voiture, aujourd'hui !
...
Consternée !
Oui, je l'étais...Au regard du coût annuel de cette école, je me suis dit que ma fille s'adapterait au système National. Elle l'a fait avec plus ou moins de douleurs, selon les années et l'enseignant qu'elle avait en face.
...
J'étais une témoin de son chemin de galères et d'apprentissages scolaires... Tentant de rendre les temps plus doux, à la maison... Mais, j'étais parfois obligée de passer du côté des bourreaux pour lui permettre de ne pas larguer les amarres trop loin, face à des enseignants qui n'auraient pas compris. J'en ai tout de même retenu quelques frustrations et aigreurs...

Elle est passée d'élève en grandes difficultés en CE2 à première de sa classe en CM1... Un classement qui laisse songeur, non ?

Ce n'est qu'un début !


Oui, il a fallu tout de même quelques années d'expériences dans l’Éducation Nationale et d’aigreurs bien placées pour me faire prendre cette ultime décision : Je financerai, quoi qu'il arrive, ma formation d'éducatrice à L'institut International de Maria Montessori.

Je ne vais surprendre personne en parlant du mammouth comme d'un refuge pour certains dinosaures qu'il est parfois douloureux de croiser dans sa carrière de jeune naïve souhaitant servir l'éducation de tous et pour tous... Il n'y a pas qu'eux, heureusement, mais ils tiennent de la place et font parler ! Ils laissent derrière eux un joli tas de composts parfois pas si fertilisant que ça !

Ma vraie grosse indignation, celle qui a fait de moi une rebelle... (Il vaut mieux être belle et rebelle que moche et re-moche dirait Agnès Bilh... :-))
--> 2005-2006, années explosives professionnellement et personnellement. Plein de catastrophes de vie en série comme le destin arrive si bien à l'agencer... Catastrophes si bien enchaînées qu'en relisant leur décompte, écrit pour mon inspecteur, je n'en reviens pas ! Dans une série télévisée populaire ils n'oseraient pas l'écrire avec une telle densité... En 2005 et 2006 c'était bien vrai pour moi.

Le seul moyen de ne pas couler était une association musicale dans laquelle je composais, écrivais et exerçais mes talents de chanteuse-comédienne débutante pour servir des spectacles pour enfants. C'était mon échappatoire, ma bouffée d'air pour oublier le réel trop lourd qu'il faudrait affronter, droites et solide, quand la sono et les projecteurs seraient rangés dans le camion de location...

Il se trouve que cette petite association ami-musicale avait réservé depuis le printemps 2005, un studio professionnel pour enregistrer. Et voilà que la grande messe de rentrée des enseignants tombe justement ce mercredi là ! Impossible de perdre une telle somme d'argent pour l'association musicale ou de tenter un arrangement avec le studio... Je demande donc mon absence, justifiée de la plus honnête vérité.

Résultat : Convocation devant l'inspecteur et remontage de bretelles en règle : "Un fonctionnaire est fait pour fonctionner, Madame C", menace de retirer une journée de paye alors qu'il s'agissait d'une période tendue (Et il le savait comme il m'avait demandé de décrire l’enchaînement de mes catastrophes pour justifier ce besoin de respirer autre chose qu’Éducation Nationale en pleine zone prioritaire classée violence...) ... Et surtout, cet inspecteur s'est permis de pointer ma personne d'une manière inimaginable, intolérable, inconcevable et tous les "in" et les "able" de la langue française ne suffiraient pas à qualifier sa conduite déviante. J'ai subi une belle déstabilisation n'ayant rien à envier à certains régimes autoritaires... Je me souviens de son interrogation si sarcastique : "Cet enchaînement de situations difficiles, jusqu'où je n'en étais pas moi même responsable ? "
[ Oui... Décès dans la famille, accident grave, double cancers de proches... très proches, suicide de mon ami enseignant, re-cancer et décès rapide chamboulant toute l'organisation familiale, et départ de mon mari... pour se remettre en ménage avec ma meilleure amie... "Cet enchaînement de situations difficiles, jusqu'où je n'en étais pas moi même responsable ? "]

Comment je justifiais tout ça ? Hein ? Alors ?
Et en plus, cette même année, j'osais investir un peu de temps et d'énergie dans la création d'une chorale d'école ? Mais "on n'a pas besoin de musiques et de chansons pour apprendre, Madame C ! Vous parlez de plaisir mais personne n'en a besoin pour entrer dans les apprentissages scolaires (claque sur la table de Monsieur l'Inspecteur de l’Éducation Nationale !). Ces élèves perturbés, en zone difficile, demandent de la rigueur de travail pour se plier à la demande institutionnelle".       
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Grands chefs de l’Éducation Nationale qui ressemblez à ce qui m'a été donnée de voir ce jour là, laissez moi vous susurrer l'idée que vous ne m'avez que permis de vous mépriser puis finalement, vous plaindre... J'ai été élevée pour être une citoyenne libre. Mon père, ma marraine et mon grand père, eux mêmes enseignants, me soutiennent.
Donc, tant que vous ne me montrerez pas, vous-mêmes, ce qu'il faut faire pour éduquer une trentaine d'enfants de 2 à 6 ans dans une même pièce, sans trop de violence et un minimum de plaisirs je ferai ce que je sens être le meilleur pour eux... Parce-que ça, je veux dire : "conserver le plaisir au travail", vous n'en êtes souvent pas cap !

Voilà, ce n'était qu'un début... Plein de remises en question et de doutes... pour finalement demander un changement de poste et tenter une école moins sur-chauffée parce que vider sa tête du travail pour s'occuper de deux petites miss à la maison en maman solo, c'est déjà beaucoup.

... Là aussi ce n'était qu'un autre début car un appel à candidature allait tomber pour "un projet innovant"... J'ai foncé, j'étais hors cadre, j'ai été prise. Et voilà, il fallait que j'apprenne à travailler dans une équipe composée d'une éducatrice jeune enfant et d'une CAP petite enfance... (Trop bon !)
Qu'est-ce que j'ai appris sur la petite enfance durant ces cinq années !
Qu'est-ce que j'ai appris sur ma façon d'enseigner... pour mieux désapprendre et ré-apprendre en neuf !
Qu'est-ce que j'ai appris sur moi et ma manière d'être...
:-) (haha, je suis comme ça ? ! Gloups... )
:-/ (help !)
:-D (Pffff... autant s'assumer et faire avec ce que je suis. Allons-y !)

Merci Monsieur F pour avoir "misé" sur ma personne !
Merci Monsieur G même si nous ne nous sommes pas toujours compris !
Merci à l'équipe de la mairie !
Et merci à l'équipe, tout court, aux enseignants du secteur et aux parents !

Je ne sais plus qui disait que l’illettrisme de notre époque en crise n'était plus le fait de ne pas savoir lire mais surtout le fait de ne pas savoir apprendre puis désapprendre pour réapprendre à nouveau.
:-) Il y a beaucoup d’illettrés dans l’Éducation Nationale !
...
Mais il y a aussi les autres !!!  Merci d'avoir appris à désapprendre !